dimanche 8 mars 2009

Les résultats du scrutin régional au Pays Basque : une opportunité pour sortir du conflit ?


Les élections régionales ont eu lieu au Pays Basque le 1er mars dernier. Les enseignements qu’il est possible d’en tirer sont multiples. Tout d’abord, la coalition sortante PNV-EA-EB a perdu sa majorité au parlement de Vitoria. Plus précisément, c’est les deux petits partis (EA, nationaliste, et EB, gauche autonomiste) de la majorité en place qui ont été sanctionnés par l’électeur. Le PNV, nationaliste centre-droit, reste néanmoins la première formation du Pays Basque. Avec un gain de six sièges, le PSOE enregistre quant à lui la progression la plus nette dans le cadre de ce scrutin. Le PP, concurrencé sur son terrain naturel de l’anti-nationalisme basque par le nouveau parti UPyD qui disposera désormais d’un élu, perd deux sièges par rapport aux élections de 2005. Il convient de relever le très bon score de la formation nationaliste de gauche « Aralar » qui disposera dorénavant de quatre parlementaires. Enfin, l’appel au boycott du bras politique de l’ETA semble avoir été au moins partiellement suivi puisque près de 10% de votes nuls ont été comptabilisés.
Pour ce qui est de la composition du futur exécutif du Pays Basque, trois options semblent théoriquement possibles. La première est la suivante : la majorité sortante constitue un gouvernement autonome minoritaire. Cette combinaison, si elle n’est pas d’office à exclure, est fort peu probable en raison du fort désaveu de EA et EB qui, avec respectivement deux et un siège, ne pèsent plus grand chose sur l’échiquier politique basque.
La seconde alternative qui recueille l’assentiment d’une partie conséquente de l’opinion publique réside en la mise en place d’un gouvernement de coalition constitué du PSOE, du PP et d’UPyD. Ce serait une première depuis la restauration du multipartisme, qu’aucune formation nationaliste ne fasse partie de l’exécutif autonome du Pays Basque. Le ciment de cette majorité tripartite inédite serait une volonté commune de préserver la constitution espagnole (approuvée par référendum dans toute l’Espagne à l’exception du Pays basque en 1978) et surtout une réticence assumée et partagée à octroyer davantage d’autonomie au Pays Basque que celle prévue dans le texte constitutionnel actuellement en vigueur. Cette option me semble peu opportune pour au moins deux raisons. Premièrement, un gouvernement au sein duquel cohabiteraient le PSOE et le PP aurait beaucoup de difficulté à impulser une politique cohérente et le risque d’une législature de blocage permanent est bien réel. Deuxièmement, l’avènement d’un gouvernement basque excluant les nationalistes entraînerait plus que probablement une recrudescence de la lutte armée de l’ETA qui ne manquera pas de provoquer une répression accrue des autorités avec pour résultat une escalade du conflit qui depuis quarante ans a déjà causé plusieurs centaines de victimes dans la région mais aussi dans l’ensemble de l’Espagne.
La troisième et dernière possibilité d’alliance consiste en la mise en place d’un Gouvernement bipartite PNV-PSOE. Cette option est, à mon sens, la plus porteuse. Au niveau de la cohérence idéologique, même si le PNV est un parti démocrate chrétien, il est moins éloigné du PSOE au niveau des idées que le PP. L’ultra-libéralisme débridé de ce dernier est assez éloigné de la vision de société du PNV qui puise ses références idéologiques dans une certaine doctrine sociale de l’Eglise catholique type « rerum novarum » avec un attachement à des formes de solidarité et de redistribution. De plus, une majorité PNV-PSOE ouvrirait peut être les portes d’une résolution pacifique du conflit. Un partenariat institutionnalisé entre modérés, d’une part du camp nationaliste basque et, d’autre part du camp « constitutionaliste » pourrait constituer une des clés de la fin du conflit. Le dialogue avec Aralar, formation qui partage le projet politique de la mouvance ETA mais qui rejette la lutte armée, en constitue une autre.
Obtenir la paix au Pays Basque ne se fera que par la voie politique !

lundi 16 février 2009

Didier Reynders impitoyable : De Decker va devoir tirer la liste MR à Bruxelles !

La décision présidentielle est tombée, Armand De Decker devra être tête de liste MR la Région Bruxelloise! Cela est bien cruel pour ce pauvre Armand De Decker qui, à de nombreuses reprises, avait pourtant clamé haut et fort son intérêt plus que relatif pour les matières régionales. Le Président du Sénat pourrait même, en cas de victoire du MR à la Région le 7 juin prochain, se retrouver contraint et forcé de devenir…Ministre-Président ! Le drame c’est qu’avec cette « rétrogradation » le Maïeur d’Uccle dont on connait l’attachement à l’ordre protocolaire(1)ne pourra même plus se retrouver à coté du Roi lors des « te deum » et autres cérémonies officielles et se verrait obligé d’occuper le même rang que de vils responsables d’entités fédérées. Plus sérieusement, Didier Reynders veut peut être faire payer au FDF sa prise de position publique contre Rudy Aernoudt. Dans les colonnes du « Soir » de vendredi, les trois principaux dirigeants de la formation amarante ont vertement égratigné le citoyen de Lustin en raison du caractère inlassablement simpliste voire carrément vexatoire de ses analyses et propositions politiques. Dès lors, il se pourrait que le Président du MR, qui ne semblait déjà pas tellement emballé par la perspective de mettre Didier Gosuin (jugé sans doute pas assez à droite par l’Avenue de la Toison d’or) en tête de liste, ait décidé de mettre fin au suspense (même si, pour certains, la décision était prise depuis belle lurette) en guise de représailles contre le FDF qui, ô crime de lèse-présidence, semble vouloir faire capoter le transfert du populiste Aernoudt au MR.

Pour en terminer sur une considération ironique, il est à espérer que les électeurs bruxellois vont y réfléchir à deux fois avant de contraindre le malheureux Armand De Decker à descendre de son perchoir sénatorial (et surtout à s’éloigner de sa Majesté lors des cérémonies officielles) pour venir s’occuper de leur affaires.



(1) Il y a quelques semaines, le président du Sénat avait suscité l’ironie de beaucoup de journalistes en mettant en avant la transcendante information suivant laquelle la nomination d’Herman Van Rompuy comme Premier Ministre allait lui permettre de gagner une place dans l’ordre de préséance protocolaire du Royaume de Belgique.

lundi 5 janvier 2009

Stop au massacre de Gaza !

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, les chars ont pris le relais de l’aviation israélienne pour poursuivre l’entreprise de destruction initiée le 27 décembre dernier et dont l’appellation « plomb durci » semble dramatiquement appropriée. Cette nouvelle agression contre le peuple palestinien est injustifiable. Certes, des miliciens du Hamas lancent, de manière récurrente, depuis plusieurs mois des roquettes sur le sud d’Israël. Toutefois, s’il est évident que les quatre morts israéliens (1) causés par le lancement répété de ces roquettes de fabrication artisanale dont la précision est plus que défaillante sont quatre morts de trop, la réponse de Tsahal apparait indubitablement comme disproportionnée. Avec un bilan s’élevant à plus de 500 morts du coté palestinien, il me semble que l’équidistance, que d’aucuns appellent sempiternellement de leurs vœux lorsqu’il s’agit de se positionner sur le conflit israélo-palestinien, est difficilement tenable en l’espèce. Dès lors, il est essentiel de condamner sans ambiguïté l’offensive israélienne actuellement en cours dans la bande de Gaza.

Ce qui est vraiment déplorable c’est que l’agression israélienne répond davantage à des considérations électoralistes qu’à une volonté de garantir la sécurité des habitants d’Israël. Tant Kadima qu’Avoda veulent redorer leur blason avant les élections législatives prévues le mois prochain et montrer à l’opinion publique israélienne que le Likoud, bien placé dans les sondages, n’a pas le monopole de la fermeté envers les (terroristes) palestiniens. Et tant pis si des civils doivent mourir en raison de ce vil exercice de musculation politicienne !

Je n’éprouve aucune sympathie pour le projet politique réactionnaire du Hamas. Il est malheureusement à craindre que l’actuelle offensive israélienne renforce encore davantage le prestige de cette organisation auprès d’une population martyrisée depuis tant d’années par l’occupation, la colonisation ou, plus récemment, par un embargo meurtrier.

Différentes manifestations ont eu lieu ces derniers jours notamment en Belgique. Il importe de continuer et d’intensifier ces mobilisations de solidarité avec le peuple palestinien !

(1) Chiffres extraits de l’article suivant : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090105.FAP6648/gaza_les_roquettes_a_nouveau_au_coeur_du_conflit.html

mercredi 31 décembre 2008

Elitisme scolaire 2 Mixité sociale 0

L’enseignement reproduit les inégalités sociales ! Le constat, aussi limpide que lapidaire, aussi évident que révoltant, a été posé pour la première fois par Pierre Bourdieu en 1970. Dans un ouvrage coécrit avec Jean-Claude Passeron, le sociologue française jette aux orties l’image d’épinal de l’école donnant les mêmes chances à tous et démontre qu’elle n’est que le moteur d’un implacable mécanisme de reproduction des élites de la société. Depuis lors, la pertinence de cette analyse a été maintes fois confirmée par diverses études scientifiques mettant en exergue la corrélation entre l’origine sociale des élèves et leur chance de réussite à l’école. Une fois le dramatique constat posé, le bon sens voudrait que le politique prenne les mesures adéquates pour transformer l’école en un réel outil d’émancipation sociale. Cela n’a que trop rarement été le cas. Christian Dupont et Marien Arena ont récemment tenté de faire bouger les choses en Communauté française avec l’issue funeste que l’on connaît.
Tant le décret dit « inscriptions » que son ultime avatar, le décret dit « mixité», ont été pris pour cible par certains lobbys rivalisant de mauvaise foi pour jeter l’opprobre sur ce qui constituait la mesure progressiste la plus ambitieuse de la législature. On peut dire que nos élites se sont mobilisées pour ne pas se voir dépossédées de leur capacité à s’auto-reproduire. Soutenus par une majorité de journalistes sans doute soucieux d’éviter que le seuil des écoles de leurs enfants ne soit un minimum ouvert à des couches sociales jusqu’ici confinées dans leurs écoles-ghettos, les adversaires de la régulation des inscriptions scolaires ont obtenu une grande victoire.

Paradoxalement, le décret mixité ne visait juste qu’à garantir pour tout le monde le respect du prescrit constitutionnel du libre choix par les parents de l’établissement scolaire de leurs enfants. Il est piquant de constater que ceux qui ont voués aux gémonies les textes de Christian Dupont et Marie Arena sont également les zélateurs de la liberté de choix absolue des parents. On a beaucoup vu les files, les tirages au sort et les parents qui pestaient contre les décisions injustifiées du politique. On ne verra malheureusement jamais sur RTL-TVI, les images d’un enfant avec ses parents issus de milieu populaire tentant d’obtenir une inscription dans une école huppée dont le directeur essaiera de les dissuader par tous les moyens tant il est persuadé que son établissement ne conviendra pas à l’enfant (ou plutôt que l’enfant ne conviendra pas à son établissement). Il n’y aura jamais de caméra présente dans les bureaux feutrés, où les parents d’enfants que l’accent, l’élocution ou l’habillement rendent indésirables dans l’école sont plus ou moins poliment éconduits. Ces images que l’on ne verra pas constituent pourtant depuis bien des années la triste réalité vécue par certaines familles à qui l’on tend moins facilement le micro. Dans notre société, tout le monde n’a malheureusement pas les moyens de défendre ses intérêts (de classe ?).

Il est à craindre que la portée de l’échec des mesures visant à réguler les inscriptions du précédent soit conséquente et rende difficile toute initiative en la matière dans les années à venir. En effet, à l’instar de la confiscation du débat sur les 35 heures en France via une couverture médiatique systématiquement orientée voire déformée, nos faiseurs d’opinions vont sans doute amplifier et ressasser les problèmes liés à l’application des décrets « inscriptions » et « mixité » dès lors qu’une proposition allant plus ou moins dans le même sens sera sur la table. Dans ces conditions, il est fort peu probable qu’un futur ministre de l’éducation prenne encore le risque de légiférer en la matière. Cette défaite risque donc d’être lourde de conséquences pour les progressistes attachés à la démocratisation de l’enseignement.

vendredi 21 novembre 2008

Un énorme gâchis pour la Gauche française : Mélenchon opte pour l’aventurisme politique !


La guerre des clans au sein du PS français a d’ores et déjà provoqué son premier dégât collatéral : le départ du Parti de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis.

Je ne peux que déplorer cette issue funeste pour l’unité de la Gauche française. Le Parti Socialiste d’outre Quiévrain, déjà fragilisé par les querelles intestines que les médias se font un plaisir de relayer abondamment, perd une voix de gauche dont j’avais pu, à de nombreuses reprises, apprécier la pertinence du propos. Si le courant idéologique du PS français dans lequel je me retrouve le plus est celui incarné par Gerard Filoche et ses amis de Démocratie et Socialisme (le lien vers leur site se trouve d’ailleurs depuis longtemps parmi mes favoris), je me suis souvent senti proche des idées défendues par Jean-Luc Mélenchon.

Toutefois, aujourd’hui, je suis plus que sceptique quant à la démarche de Mélenchon et au constat qui la motive. Je vous livre ci-dessous quelques éléments de réflexion en vrac.

Premièrement, je pense que Mélenchon se fourvoie magistralement s’il pense sérieusement copier le succès (relatif) d’Oscar Lafontaine en créant l’équivalent français de Die Linke. Oscar Lafontaine était un ancien président du SPD allemand qui avait occupé de hautes fonctions ministérielles. A ce titre, il avait pu bénéficier d’une visibilité conséquente qui l’a doté d’une certaine assise populaire. Avec tout le respect que j’ai pour Mélenchon, je pense qu’il n’est, à l’heure actuelle, connu que d’une certaine élite politico-médiatique. Il y a fort à parier qu’en dehors de son fief de l’Essonne, il ne pourra pas espérer obtenir des résultats électoraux aussi probants que ceux de Die Linke en Allemagne.

Deuxièmement, par la création de son nouveau parti, Mélenchon contribue à la fragmentation et donc à l’affaiblissement de Gauche française. Je peux entendre son constat, que je ne partage pas et je vais y venir, suivant lequel il lui était devenu impossible de poursuivre son implication au PS. Toutefois, n’était-il pas plus judicieux pour lui d’aller rejoindre le Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot voire d’essayer de redynamiser et de relancer le PCF ? Scissionite quand tu nous tiens…Par sa décision de repartir à zéro avec une nouvelle formation politique autour de sa personne, Mélenchon apporte également de l’eau au moulin de ceux qui ne voient dans les divisions de la Gauche qu’une fort peu reluisante querelle d’égo.

Troisièmement, l’analyse politique de la situation interne au PS suite au congrès de Reims que le sénateur de l’Essonne et son ami Marc Dolez nous livrent dans leur lettre « Ca suffit comme ça!»[1]est plus que discutable. S’il est clair que les trois motions principales avalisent, à des degrés divers, « l’Europe du Traité de Lisbonne » ou refusent de « mettre en cause le capitalisme », j’ai du mal à distinguer un point de rupture qui rendrait dorénavant inconcevable leur engagement au PS. Je suis d’accord que le traité de Lisbonne, à l’instar du Traité Constitutionnel avorté, se situe dans le droit fil des politiques néolibérales impulsées par l’Union Européenne. Toutefois, dès 1986, avec l’Acte Unique qui levait les entraves à la circulation des marchandises au niveau de la CEE, le ver néolibéral était déjà dans le fruit européen. Sans parler des orientations tout aussi néolibérales que l’on retrouve déjà dans le traité de Maastricht en 1992. Sur le renoncement pour ce qui est de la mise en cause du capitalisme, il faut être de bon compte. Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy, illustres représentants du socialisme français n’ont pas attendu de prendre connaissance de l’issue des débats idéologiques du Congrès de Reims pour prendre la direction du FMI et de l’OMC, fers de lance du capitalisme mondial. S’il y a un renoncement, il ne date pas d’aujourd’hui. Je dois bien avouer que je ne vois donc pas l’intérêt aujourd’hui d’un « clash » sur ces questions avec les courants majoritaires du PS. A contrario, il me semble que la tendance « plus à gauche » du PS français regroupée autour de Benoit Hamon sort renforcée du congrès de Reims avec un soutien inespéré de 19% des militants à sa motion. En quittant le PS, Mélenchon et ses amis amputent donc cette tendance de soutiens précieux dans le cadre des rapports de force internes au Parti. Je trouve que ce départ qu’il n’est pas indécent de qualifier d’aventuriste constitue une erreur stratégique monumentale et surtout un énorme gâchis pour la Gauche française.

(1) http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637

dimanche 28 septembre 2008

Du bon usage de l’archaïsme en politique ou comment euthanasier le débat idéologique.


Didier Reynders comparait, dans le journal « la dernière heure » des 21 et 22 septembre derniers, le PS à « l’état soviétique ». On connaît la marotte du Ministre des finances qui s’est déjà lamenté à plusieurs reprises de l’absence dans les rangs du PS belge de socialistes « modernes » comme ceux qu’il côtoie lors des sommets ECOFIN, toutefois, il semble pertinent de s’interroger sur ce que Didier Reynders (ou d’autres) reproche exactement au PS.

Le président du MR qui déclarait ceci à la DH : "Depuis 20 ans, la Wallonie est dirigée par les socialistes les plus archaïques d'Europe. Ils n'ont pas évolué comme en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Allemagne. Ils restent dans leurs maux : clientélisme, affaires, attaques envers les entreprises..."Que faut-il en penser ?

Tout d’abord, il importe de distinguer les pratiques illicites et inacceptables d’une minorité de responsable socialistes de ce qui relève de la ligne politique d’un parti. En ce qui concerne le « clientélisme » et les « affaires », il est clair qu’il s’agit de comportements individuels qui sont, bien évidemment, condamnables mais qui relèvent davantage du manque d’éthique de certaines personnes que de l’archaïsme d’un parti et des valeurs qu’il défend. Sur la question plus politique de « l’attaque envers les entreprises », le propos est tendancieux voire mensonger. On peut, en effet, se demander en quoi consiste « l’attaque envers les entreprises » du PS qui, durant ces dernières années, au fédéral a avalé la couleuvre des intérêts notionnels et de la réduction sensible de l’ISOC et au régional a mis en place toute une série de mécanismes d’aide à l’emploi pour les entreprises désireuses d’engager du personnel.

Mais le discours de Didier Reynders est, il ne s’en cache d’ailleurs pas, éminemment idéologique. Quel est cette évolution des partis socialistes de Grande-Bretagne, d’Espagne et d’Allemagne dont il parle ? Le New Labour anglais apparaît comme un parti exemplaire pour beaucoup de libéraux. Certes, l’étoile de Tony Blair a pâli mais son approche des politiques économiques ne pouvait que séduire la droite qui aime lui entendre dire que « la gestion de l’économie n’est ni de gauche ni de droite, elle est bonne ou mauvaise. Ce qui compte, c’est ce qui marche ». La logique sous-jacente étant, bien entendu, que seules les politiques économiques néo-libérales « marchent ». Cet abandon apparent du terrain de l’idéologie pour ce qui se veut une logique objective de recherche du meilleur résultat est également perceptible au sein du SPD allemand et du PSOE espagnol. Toutefois cette « modernisation » n’est pas si récente puisque les premiers ont pris leurs distances avec le marxisme lors du congrès de Bad Godesberg en 1959 et les seconds en 1979.

Didier Reynders appelle donc de ses vœux une « modernisation » ou une « blairisation » du PS belge qui, pourtant, dans les faits, a toujours été plus pragmatique et plus consensuel que ses partis-frères. L’allemande Rosa Luxembourg reprochait déjà en 1902 à son camarade Emile Vandervelde, président du Parti Ouvrier Belge, son alliance avec… le parti libéral!

En fustigeant le prétendu archaïsme des socialistes, Didier Reynders poursuit un objectif clair. Il veut faire rentrer les socialistes dans un cadre de référence idéologique dans lequel il est à l’aise pour mener et orienter le débat. Car si demain le PS, sous la pression de Didier Reynders ou d’autres leaders d’opinion d’obédience néolibérale, renie la Charte de Quaregnon, renonce explicitement à la défense des classes populaires et chante ouvertement les louanges du capitalisme, il ne sera plus qu’une pâle copie du MR à laquelle les électeurs préféreront inéluctablement l’original.

Le PS ne peut se laisser enfermer dans le réduit idéologique vers lequel le président du MR souhaite le pousser. Au contraire, face à un idéologue redoutable comme Didier Reynders, il est essentiel de marquer ses différences en mettant en exergue un projet de société à confronter à celui du MR. En tant que socialistes, nous devons répondre clairement à Didier Reynders ainsi qu’aux autres thuriféraires du néolibéralisme que les archaïques sont ceux qui refusent de réguler le marché, qui protègent le capital à risque et qui défendent les seuls vrais « assistés » à savoir les oisifs qui vivent de leurs rentes ou de leurs placements plutôt que de leur travail !

dimanche 24 août 2008

Le champion de l’éthique contrôlé une nouvelle fois positif: Bernard Clerfayt pris encore en flagrant délit de politicardise !


Lors de la campagne électorale pour les élections communales 2006, Bernard Clerfayt avait fait beaucoup d’efforts pour se présenter comme une espèce de candidat anti-establishment. Si cela pouvais paraître curieux pour un bourgmestre sortant, il faut reconnaitre qu’il avait su capitaliser le rejet de l’opinion publique contre ce qui est assimilé à de la politique « politicienne ». Lui, Bernard Clerfayt, prince de la probité, parangon de vertu et champion de l’éthique affrontait Laurette Onkelinx-la-politicarde. Cette dernière était présentée, cela va de soi, comme assoiffée de pouvoir, débordante d’ambition et suintante d’arrivisme ce que ses nombreuses années passées comme Ministre tendaient, bien entendu, à prouver de manière irréfutable. D’ailleurs n’avait-elle pas montré son dédain absolu pour les schaerbeekois en admettant qu’en cas d’élection comme bourgmestre, il était probable qu’elle soit bourgmestre empêchée le temps de terminer son mandat de Vice-Première Ministre ? Et en plus, ignominie absolue, elle n’était même pas 100% schaerbeekoise. La trame bipolarisée et manichéenne de la campagne électorale étant écrite, l’issue fut conforme au scénario rédigé par l’équipe de campagne du Bourgmestre tout comme aux standards du genre dans la mesure où le bien triompha finalement du mal le soir du 8 octobre 2006. Un grand moment de cinéma !

Toutefois, différents événements récents tendent à prouver que Bernard Clerfayt n’est peut être pas l’archange désintéressé de la bonne gouvernance qu’il s’est donné tant de mal à incarner.

Tout d’abord, il y a quelques mois Bernard Clerfayt est devenu bourgmestre…empêché. En effet, il a été appelé pour faire partie du même gouvernement que Laurette Onkelinx ! Certes, en soi, cela n’a rien de répréhensible même si on peut dans ce cas-ci comme dans d’autres se poser la question de la pertinence du cumul des mandats. Néanmoins, quand on a axé partiellement sa campagne sur la perspective sinon l’engagement d’être bourgmestre à plein temps contrairement à sa rivale qui, elle, avait évoqué la probabilité d’être empêchée durant une partie de la législature communale, il devient délicat de se présenter comme le gardien exclusif des intérêts des Schaerbeekois. Peut-on toutefois reprocher à Bernard Clerfayt d’avoir privilégié sa carrière personnelle à la préservation d’une image au demeurant fort surfaite ? D’autres à sa place auraient probablement fait le même choix.

Ensuite, les médias nous ont appris que Bernard Clerfayt n’a pas respecté ses obligations de mandataire public en ne rentrant pas à heure et à temps sa déclaration annuelle de mandats et de patrimoine conformément à la loi en vigueur. Pour s’en défendre, le Secrétaire d’Etat plaide une mémoire défaillante. On peut le croire dans la mesure ou il n’est que peu probable qu’il ait délibérément voulu occulter des mandats ou minimiser un patrimoine. Et, soyons de bon compte, il n’est pas le seul à avoir enfreint la loi.

Il n’empêche que pour bon nombre d’admirateurs de celui qu’ils tenaient pour le pourfendeur attitré de la politicardise, un début de doute doit commencer à s’immiscer. Les thuriféraires de Bernard Clerfayt, certains desquels s’étant fendus à l’époque de divers messages laudateurs1 dont la lecture à posteriori prête à sourire se disent peut être que l’étoile brillant au firmament politique schaerbeekois depuis le 8 octobre 2006 devient un peu pâle ces derniers temps.

L’image d’Épinal de Bernard Clerfayt comme chevalier blanc de la politique semble donc de plus en plus éloignée de la réalité. Peut être que cela aura pour conséquence heureuse l’ouverture, à l’occasion des communales de 2012 d’un réel débat autour de projets différents pour Schaerbeek, nécessité trop souvent laissée au second plan lors du dernier scrutin. Cela permettrait aux électeurs schaerbeekois de faire un choix sur base d’un programme sans risquer d’être dupes d’un bien fragile miroir aux alouettes dont l’inéluctable cassure peut entrainer non pas sept mais bien six ans de malheur.

Je ne puis résister à la tentation de reproduire ici le lien suivant: http://bernardclerfayt.blogspot.com/2006/10/12654-fois-merci.html