mercredi 24 juin 2009
mardi 9 juin 2009
7 juin 2009 : Victoire de la Gauche ou défaite des sondeurs/faiseurs d’opinion(s) ?
Différents enseignements sont à tirer de ces récentes élections.
Tout d’abord, l’effondrement global de la social-démocratie européenne. Il est clair que dans ce contexte, le PS belge francophone fait figure d’exception. Soit plombé par les dissensions internes à l’instar du PS français, soit dans un état de dégénérescence idéologique avancée comme le New Labour anglais, les partis socio-démocrates d’Europe sont, pour la grande majorité d’entre eux, bien mal en point. Je suis convaincu qu’il est impératif pour les socialistes de prendre leurs distances avec une certaine forme d’européanocentrisme et de puiser davantage leur inspiration dans les politiques socialistes impulsées notamment en Amérique Latine. Si ce n’est pas vraiment l’objet du présent post, j’espère avoir l’occasion d’approfondir cette question prochainement dans le présent blog.
Ensuite, je ne peux que me réjouir de la disparition du Front National de la carte électorale de la Communauté française combinée aux mauvais résultats du Vlaams Belang au nord du pays. L’extrême droite connaît donc un recul significatif en Belgique. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la droite extrême est également en perte de vitesse au Parlement de la Région Bruxelloise puisque ni le Vicomte de Jonghe D’Ardoye (MR) ni le Prince de Lobkowitz (CDH) ne sont réélus.
Enfin, si Ecolo enregistre une grande percée, le PS fait mieux que se défendre en se maintenant comme premier parti en Communauté française. Le MR tente de faire illusion et de minimiser sa défaite en ressassant le fait qu’il récupère la première place à Bruxelles. Toutefois, ce serait faire offense à la vérité que d’omettre de relever que le MR bruxellois perd encore un siège par rapport au scrutin de 2004 où il avait réalisé un score historiquement bas. Globalement, la gauche parlementaire sort renforcée de ces élections. PS et Ecolo (malgré la volonté de la direction de ratisser politiquement le plus large possible, je reste intimement convaincu qu’à tout le moins la base d’Ecolo reste plutôt à gauche) ensemble progressent de 6 sièges en Wallonie et de 7 à Bruxelles. Loin de moi l’idée, en tant que membre du Parti Socialiste, de récupérer la belle victoire des écolos mais je me devais de souligner, en tant que militant progressiste, le fait que le cœur des électeurs de Communauté française reste bien à gauche.
Pour conclure, je dirai qu’on a pu constater, lors de ce récent scrutin, que la multiplication des sondages d’opinions défavorables peut parfois entraîner un sursaut favorable des sondés en faveur du parti qui est dans le collimateur médiatique. Leçon à retenir pour les faiseurs et/ou défaiseurs d’opinion…
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mardi 2 juin 2009
Entretiens campagnards: Episode III

Après Fabrizio Buccela et Julie Fiszman, la série d’interviews de candidats socialistes se poursuit. Aujourd’hui, c’est au tour de Catherine Moureaux, 5ème suppléante de s’y coller.
CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
CM : Être de gauche c’est être debout aux cotés de ceux qui subissent les injustices du système. C’est ne pas « laisser faire, laisser aller ».
CC : Peux-tu me citer trois valeurs auxquelles tu es particulièrement attachée ?
CM : L’égalité et la solidarité sont les deux valeurs collectives qui sont les plus importantes pour moi. Au niveau de l’individu, la valeur à laquelle je suis le plus attachée est l’honnêteté.
CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
CM : La crise révèle le mensonge libéral. La crise ce n’est pas en soi la fin du capitalisme mais c’est une opportunité de changement parce qu’un grand nombre de travailleurs vont vivre dans leur chair une forme de guerre sociale. La crise c’est aussi un danger pour la gauche. L’état va devoir assumer des dépenses importantes et ce sera l’occasion de l’attaque par les libéraux de notre service public.
CC : Le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
CM : Le PS défend avant tout les gens les plus fragilisés. C’est vrai que ces dernières années le PS a mené des combats plutôt à caractère éthique et du coup cela a pu donner l’impression que le Parti délaissait les combats sociaux.
CC : La lutte des classe existe-t-elle encore pour toi ?
CM : La lutte des classes existe sous une forme nouvelle liée à la montée de l’individualisme. La lutte des classes est noyée dans la consommation et la volonté de croissance. Dans ce contexte, le politique doit mieux s’armer contre le monde financier.
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mercredi 13 mai 2009
Entretiens campagnards : Episode II

CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
FB : Être de gauche c’est avoir une compréhension de la société construite autour du rapport de force entre capital et travail. Cela peut sembler un peu désuet d’utiliser ces termes, mais ils restent d’actualité. Pour le dire autrement : entre ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui ne disposent que de leur force de travail il y a une sacrée différence. Être de gauche c’est évidemment se mettre du coté du travail ! Être socialiste c’est également considérer que le mouvement social est porteur de changement.
CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
FB : Pendant des années, le néolibéralisme a constitué la pensée dominante. La crise est le résultat des politiques de dérégulation impulsées par ceux qui se voyaient à la « fin de l’histoire ». Aujourd’hui, les socialistes doivent construire une alternative. Il importe également de s’ouvrir à d’autres enjeux comme celui du développement durable, de la société de l’information ou de l’éthique.
CC : le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
FB : La charte de Quaregnon qui inscrit l’action du parti dans une perspective de lutte des classe est toujours un texte de référence au Parti. Si les classes sociales ne sont plus exactement les mêmes que lors de l’élaboration de ce texte, il est clair que la grande majorité des militants du PS partagent les valeurs reprises dans cette charte.
CC : Le politique peut-il encore changer les choses aujourd’hui ?
FB : Oui, bien sûr. De trois manières. Tout d’abord en agissant au niveau local et en mettant en avant des actions concrètes en faveur des gens à l’instar de ce qui s’est fait dans certaines localités avec la mise en place des budgets participatifs. Ensuite en gagnant la bataille des idées, trop souvent perdue depuis le couple Reagan-Thatcher. Il faut expliquer le projet aux gens, redevenir pédagogue, reconquérir le champ lexical et sémantique. Enfin, il est essentiel de changer la donne au niveau européen et de construire un rapport de force favorable à des politiques progressistes au niveau supranational. Négliger l’Europe et sa construction sera considéré comme l’erreur historique de la gauche en ce début de XXIème siècle.
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lundi 27 avril 2009
Entretiens campagnards: Épisode I
CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
JF : C’est ne jamais trahir ses convictions. C’est défendre les gens qui en ont le plus besoin. C’est avoir une volonté de plus de justice sociale.
CC : Peux-tu me citer trois valeurs auxquelles tu es particulièrement attachée ?
JF : Liberté, égalité et solidarité. L’une ne va pas sans l’autre bien évidement.
CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
JF : La crise financière est due à une dérégulation outrancière qui a causé une crise de l’économie réelle avec pour conséquence de faire basculer beaucoup de gens dans la précarité. Il est essentiel d’œuvrer à davantage de régulation. Il faut favoriser des politiques de relance notamment en investissant dans des grands travaux. A l’échelle de la Région Bruxelloise, l’investissement public dans les logements sociaux doit constituer une priorité.
CC : le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
JF : Il est primordial d’avoir une cohésion sociale qui soit la plus large possible. Toutefois, il me semble clair que le PS reste très attaché à la défense des classes populaires.
CC : La lutte des classes existe-t-elle encore pour toi ?
JF : Oui et les clivages se marquent aussi même sur certains dossiers régionaux comme sur l’ordonnance « eau ».
CC : Le politique peut-il encore changer les choses aujourd’hui ?
JF : Il est possible via des décisions politiques d’améliorer la qualité de vie, les conditions de vie et de travail des gens.
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dimanche 29 mars 2009
Oui, on peut rire de tout ! Mais pas avec Faurisson et Lepen !
Je ne peux que condamner le flirt avec l’immonde auquel il semble s’adonner avec délectation depuis quelques années. D’autres humoristes avant lui ont joué, avec, certes, plus de talent, sur la provocation afin de faire passer un message à l’opinion publique. En l’espèce, on est en droit de se demander la teneur exacte du message. Dieudonné prétend vouloir bousculer l’establishment médiatique et dénoncer les tabous. Fort bien. Mais s’afficher au côté de Lepen et Faurisson afin de critiquer leur mise à l’index médiatique n’est ni plus ni moins que faire du prosélytisme philo-nazi. Certains diront sans doute qu’ils ne partage pas nécessairement les idées des infréquentables qu’il prend plaisir à fréquenter voire qu’il n’est qu’un grand naïf instrumentalisé par les partisans lepenistes. Peu m’importe que Dieudonné soit un pitre inconséquent au niveau politique, sa démarche est tout bonnement inacceptable. Vouloir démontrer la partialité des médias ne justifie aucunement le fait d’œuvrer à la visibilité de crapules antisémites et négationnistes comme Lepen ou Faurisson !
Non content d’être devenu un apologiste du négationnisme, Dieudonné contribue à renforcer les amalgames entre l’antisémitisme et le rejet du sionisme comme projet politique. Lors de ses spectacles, il lui est arrivé de recourir au mot sioniste pour désigner une personne de la Communauté juive comme pour entretenir volontairement une malsaine confusion. Cela est d’autant plus lamentable qu’il se prétend défenseur de la cause palestinienne à qui il fait le plus grand tort avec son mauvais humour.
Une chose est sure, il y a longtemps ce sinistre individu a cessé de me faire rire !
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dimanche 8 mars 2009
Les résultats du scrutin régional au Pays Basque : une opportunité pour sortir du conflit ?
Pour ce qui est de la composition du futur exécutif du Pays Basque, trois options semblent théoriquement possibles. La première est la suivante : la majorité sortante constitue un gouvernement autonome minoritaire. Cette combinaison, si elle n’est pas d’office à exclure, est fort peu probable en raison du fort désaveu de EA et EB qui, avec respectivement deux et un siège, ne pèsent plus grand chose sur l’échiquier politique basque.
La seconde alternative qui recueille l’assentiment d’une partie conséquente de l’opinion publique réside en la mise en place d’un gouvernement de coalition constitué du PSOE, du PP et d’UPyD. Ce serait une première depuis la restauration du multipartisme, qu’aucune formation nationaliste ne fasse partie de l’exécutif autonome du Pays Basque. Le ciment de cette majorité tripartite inédite serait une volonté commune de préserver la constitution espagnole (approuvée par référendum dans toute l’Espagne à l’exception du Pays basque en 1978) et surtout une réticence assumée et partagée à octroyer davantage d’autonomie au Pays Basque que celle prévue dans le texte constitutionnel actuellement en vigueur. Cette option me semble peu opportune pour au moins deux raisons. Premièrement, un gouvernement au sein duquel cohabiteraient le PSOE et le PP aurait beaucoup de difficulté à impulser une politique cohérente et le risque d’une législature de blocage permanent est bien réel. Deuxièmement, l’avènement d’un gouvernement basque excluant les nationalistes entraînerait plus que probablement une recrudescence de la lutte armée de l’ETA qui ne manquera pas de provoquer une répression accrue des autorités avec pour résultat une escalade du conflit qui depuis quarante ans a déjà causé plusieurs centaines de victimes dans la région mais aussi dans l’ensemble de l’Espagne.
La troisième et dernière possibilité d’alliance consiste en la mise en place d’un Gouvernement bipartite PNV-PSOE. Cette option est, à mon sens, la plus porteuse. Au niveau de la cohérence idéologique, même si le PNV est un parti démocrate chrétien, il est moins éloigné du PSOE au niveau des idées que le PP. L’ultra-libéralisme débridé de ce dernier est assez éloigné de la vision de société du PNV qui puise ses références idéologiques dans une certaine doctrine sociale de l’Eglise catholique type « rerum novarum » avec un attachement à des formes de solidarité et de redistribution. De plus, une majorité PNV-PSOE ouvrirait peut être les portes d’une résolution pacifique du conflit. Un partenariat institutionnalisé entre modérés, d’une part du camp nationaliste basque et, d’autre part du camp « constitutionaliste » pourrait constituer une des clés de la fin du conflit. Le dialogue avec Aralar, formation qui partage le projet politique de la mouvance ETA mais qui rejette la lutte armée, en constitue une autre.
Obtenir la paix au Pays Basque ne se fera que par la voie politique !
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lundi 16 février 2009
Didier Reynders impitoyable : De Decker va devoir tirer la liste MR à Bruxelles !
La décision présidentielle est tombée, Armand De Decker devra être tête de liste MR la Région Bruxelloise! Cela est bien cruel pour ce pauvre Armand De Decker qui, à de nombreuses reprises, avait pourtant clamé haut et fort son intérêt plus que relatif pour les matières régionales. Le Président du Sénat pourrait même, en cas de victoire du MR à la Région le 7 juin prochain, se retrouver contraint et forcé de devenir…Ministre-Président ! Le drame c’est qu’avec cette « rétrogradation » le Maïeur d’Uccle dont on connait l’attachement à l’ordre protocolaire(1)ne pourra même plus se retrouver à coté du Roi lors des « te deum » et autres cérémonies officielles et se verrait obligé d’occuper le même rang que de vils responsables d’entités fédérées. Plus sérieusement, Didier Reynders veut peut être faire payer au FDF sa prise de position publique contre Rudy Aernoudt. Dans les colonnes du « Soir » de vendredi, les trois principaux dirigeants de la formation amarante ont vertement égratigné le citoyen de Lustin en raison du caractère inlassablement simpliste voire carrément vexatoire de ses analyses et propositions politiques. Dès lors, il se pourrait que le Président du MR, qui ne semblait déjà pas tellement emballé par la perspective de mettre Didier Gosuin (jugé sans doute pas assez à droite par l’Avenue de la Toison d’or) en tête de liste, ait décidé de mettre fin au suspense (même si, pour certains, la décision était prise depuis belle lurette) en guise de représailles contre le FDF qui, ô crime de lèse-présidence, semble vouloir faire capoter le transfert du populiste Aernoudt au MR.
Pour en terminer sur une considération ironique, il est à espérer que les électeurs bruxellois vont y réfléchir à deux fois avant de contraindre le malheureux Armand De Decker à descendre de son perchoir sénatorial (et surtout à s’éloigner de sa Majesté lors des cérémonies officielles) pour venir s’occuper de leur affaires.
(1) Il y a quelques semaines, le président du Sénat avait suscité l’ironie de beaucoup de journalistes en mettant en avant la transcendante information suivant laquelle la nomination d’Herman Van Rompuy comme Premier Ministre allait lui permettre de gagner une place dans l’ordre de préséance protocolaire du Royaume de Belgique.
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lundi 5 janvier 2009
Stop au massacre de Gaza !
A l’heure où j’écris ces quelques lignes, les chars ont pris le relais de l’aviation israélienne pour poursuivre l’entreprise de destruction initiée le 27 décembre dernier et dont l’appellation « plomb durci » semble dramatiquement appropriée. Cette nouvelle agression contre le peuple palestinien est injustifiable. Certes, des miliciens du Hamas lancent, de manière récurrente, depuis plusieurs mois des roquettes sur le sud d’Israël. Toutefois, s’il est évident que les quatre morts israéliens (1) causés par le lancement répété de ces roquettes de fabrication artisanale dont la précision est plus que défaillante sont quatre morts de trop, la réponse de Tsahal apparait indubitablement comme disproportionnée. Avec un bilan s’élevant à plus de 500 morts du coté palestinien, il me semble que l’équidistance, que d’aucuns appellent sempiternellement de leurs vœux lorsqu’il s’agit de se positionner sur le conflit israélo-palestinien, est difficilement tenable en l’espèce. Dès lors, il est essentiel de condamner sans ambiguïté l’offensive israélienne actuellement en cours dans la bande de Gaza.Ce qui est vraiment déplorable c’est que l’agression israélienne répond davantage à des considérations électoralistes qu’à une volonté de garantir la sécurité des habitants d’Israël. Tant Kadima qu’Avoda veulent redorer leur blason avant les élections législatives prévues le mois prochain et montrer à l’opinion publique israélienne que le Likoud, bien placé dans les sondages, n’a pas le monopole de la fermeté envers les (terroristes) palestiniens. Et tant pis si des civils doivent mourir en raison de ce vil exercice de musculation politicienne !
Je n’éprouve aucune sympathie pour le projet politique réactionnaire du Hamas. Il est malheureusement à craindre que l’actuelle offensive israélienne renforce encore davantage le prestige de cette organisation auprès d’une population martyrisée depuis tant d’années par l’occupation, la colonisation ou, plus récemment, par un embargo meurtrier.
Différentes manifestations ont eu lieu ces derniers jours notamment en Belgique. Il importe de continuer et d’intensifier ces mobilisations de solidarité avec le peuple palestinien !
(1) Chiffres extraits de l’article suivant : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090105.FAP6648/gaza_les_roquettes_a_nouveau_au_coeur_du_conflit.html
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mercredi 31 décembre 2008
Elitisme scolaire 2 Mixité sociale 0
Tant le décret dit « inscriptions » que son ultime avatar, le décret dit « mixité», ont été pris pour cible par certains lobbys rivalisant de mauvaise foi pour jeter l’opprobre sur ce qui constituait la mesure progressiste la plus ambitieuse de la législature. On peut dire que nos élites se sont mobilisées pour ne pas se voir dépossédées de leur capacité à s’auto-reproduire. Soutenus par une majorité de journalistes sans doute soucieux d’éviter que le seuil des écoles de leurs enfants ne soit un minimum ouvert à des couches sociales jusqu’ici confinées dans leurs écoles-ghettos, les adversaires de la régulation des inscriptions scolaires ont obtenu une grande victoire.
Paradoxalement, le décret mixité ne visait juste qu’à garantir pour tout le monde le respect du prescrit constitutionnel du libre choix par les parents de l’établissement scolaire de leurs enfants. Il est piquant de constater que ceux qui ont voués aux gémonies les textes de Christian Dupont et Marie Arena sont également les zélateurs de la liberté de choix absolue des parents. On a beaucoup vu les files, les tirages au sort et les parents qui pestaient contre les décisions injustifiées du politique. On ne verra malheureusement jamais sur RTL-TVI, les images d’un enfant avec ses parents issus de milieu populaire tentant d’obtenir une inscription dans une école huppée dont le directeur essaiera de les dissuader par tous les moyens tant il est persuadé que son établissement ne conviendra pas à l’enfant (ou plutôt que l’enfant ne conviendra pas à son établissement). Il n’y aura jamais de caméra présente dans les bureaux feutrés, où les parents d’enfants que l’accent, l’élocution ou l’habillement rendent indésirables dans l’école sont plus ou moins poliment éconduits. Ces images que l’on ne verra pas constituent pourtant depuis bien des années la triste réalité vécue par certaines familles à qui l’on tend moins facilement le micro. Dans notre société, tout le monde n’a malheureusement pas les moyens de défendre ses intérêts (de classe ?).
Il est à craindre que la portée de l’échec des mesures visant à réguler les inscriptions du précédent soit conséquente et rende difficile toute initiative en la matière dans les années à venir. En effet, à l’instar de la confiscation du débat sur les 35 heures en France via une couverture médiatique systématiquement orientée voire déformée, nos faiseurs d’opinions vont sans doute amplifier et ressasser les problèmes liés à l’application des décrets « inscriptions » et « mixité » dès lors qu’une proposition allant plus ou moins dans le même sens sera sur la table. Dans ces conditions, il est fort peu probable qu’un futur ministre de l’éducation prenne encore le risque de légiférer en la matière. Cette défaite risque donc d’être lourde de conséquences pour les progressistes attachés à la démocratisation de l’enseignement.
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vendredi 21 novembre 2008
Un énorme gâchis pour la Gauche française : Mélenchon opte pour l’aventurisme politique !
Je ne peux que déplorer cette issue funeste pour l’unité de la Gauche française. Le Parti Socialiste d’outre Quiévrain, déjà fragilisé par les querelles intestines que les médias se font un plaisir de relayer abondamment, perd une voix de gauche dont j’avais pu, à de nombreuses reprises, apprécier la pertinence du propos. Si le courant idéologique du PS français dans lequel je me retrouve le plus est celui incarné par Gerard Filoche et ses amis de Démocratie et Socialisme (le lien vers leur site se trouve d’ailleurs depuis longtemps parmi mes favoris), je me suis souvent senti proche des idées défendues par Jean-Luc Mélenchon.
Toutefois, aujourd’hui, je suis plus que sceptique quant à la démarche de Mélenchon et au constat qui la motive. Je vous livre ci-dessous quelques éléments de réflexion en vrac.
Premièrement, je pense que Mélenchon se fourvoie magistralement s’il pense sérieusement copier le succès (relatif) d’Oscar Lafontaine en créant l’équivalent français de Die Linke. Oscar Lafontaine était un ancien président du SPD allemand qui avait occupé de hautes fonctions ministérielles. A ce titre, il avait pu bénéficier d’une visibilité conséquente qui l’a doté d’une certaine assise populaire. Avec tout le respect que j’ai pour Mélenchon, je pense qu’il n’est, à l’heure actuelle, connu que d’une certaine élite politico-médiatique. Il y a fort à parier qu’en dehors de son fief de l’Essonne, il ne pourra pas espérer obtenir des résultats électoraux aussi probants que ceux de Die Linke en Allemagne.
Deuxièmement, par la création de son nouveau parti, Mélenchon contribue à la fragmentation et donc à l’affaiblissement de Gauche française. Je peux entendre son constat, que je ne partage pas et je vais y venir, suivant lequel il lui était devenu impossible de poursuivre son implication au PS. Toutefois, n’était-il pas plus judicieux pour lui d’aller rejoindre le Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot voire d’essayer de redynamiser et de relancer le PCF ? Scissionite quand tu nous tiens…Par sa décision de repartir à zéro avec une nouvelle formation politique autour de sa personne, Mélenchon apporte également de l’eau au moulin de ceux qui ne voient dans les divisions de la Gauche qu’une fort peu reluisante querelle d’égo.
Troisièmement, l’analyse politique de la situation interne au PS suite au congrès de Reims que le sénateur de l’Essonne et son ami Marc Dolez nous livrent dans leur lettre « Ca suffit comme ça!»[1]est plus que discutable. S’il est clair que les trois motions principales avalisent, à des degrés divers, « l’Europe du Traité de Lisbonne » ou refusent de « mettre en cause le capitalisme », j’ai du mal à distinguer un point de rupture qui rendrait dorénavant inconcevable leur engagement au PS. Je suis d’accord que le traité de Lisbonne, à l’instar du Traité Constitutionnel avorté, se situe dans le droit fil des politiques néolibérales impulsées par l’Union Européenne. Toutefois, dès 1986, avec l’Acte Unique qui levait les entraves à la circulation des marchandises au niveau de la CEE, le ver néolibéral était déjà dans le fruit européen. Sans parler des orientations tout aussi néolibérales que l’on retrouve déjà dans le traité de Maastricht en 1992. Sur le renoncement pour ce qui est de la mise en cause du capitalisme, il faut être de bon compte. Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy, illustres représentants du socialisme français n’ont pas attendu de prendre connaissance de l’issue des débats idéologiques du Congrès de Reims pour prendre la direction du FMI et de l’OMC, fers de lance du capitalisme mondial. S’il y a un renoncement, il ne date pas d’aujourd’hui. Je dois bien avouer que je ne vois donc pas l’intérêt aujourd’hui d’un « clash » sur ces questions avec les courants majoritaires du PS. A contrario, il me semble que la tendance « plus à gauche » du PS français regroupée autour de Benoit Hamon sort renforcée du congrès de Reims avec un soutien inespéré de 19% des militants à sa motion. En quittant le PS, Mélenchon et ses amis amputent donc cette tendance de soutiens précieux dans le cadre des rapports de force internes au Parti. Je trouve que ce départ qu’il n’est pas indécent de qualifier d’aventuriste constitue une erreur stratégique monumentale et surtout un énorme gâchis pour la Gauche française.
(1) http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637
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dimanche 28 septembre 2008
Du bon usage de l’archaïsme en politique ou comment euthanasier le débat idéologique.

Didier Reynders comparait, dans le journal « la dernière heure » des 21 et 22 septembre derniers, le PS à « l’état soviétique ». On connaît la marotte du Ministre des finances qui s’est déjà lamenté à plusieurs reprises de l’absence dans les rangs du PS belge de socialistes « modernes » comme ceux qu’il côtoie lors des sommets ECOFIN, toutefois, il semble pertinent de s’interroger sur ce que Didier Reynders (ou d’autres) reproche exactement au PS.
Le président du MR qui déclarait ceci à la DH : "Depuis 20 ans, la Wallonie est dirigée par les socialistes les plus archaïques d'Europe. Ils n'ont pas évolué comme en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Allemagne. Ils restent dans leurs maux : clientélisme, affaires, attaques envers les entreprises..."Que faut-il en penser ?
Tout d’abord, il importe de distinguer les pratiques illicites et inacceptables d’une minorité de responsable socialistes de ce qui relève de la ligne politique d’un parti. En ce qui concerne le « clientélisme » et les « affaires », il est clair qu’il s’agit de comportements individuels qui sont, bien évidemment, condamnables mais qui relèvent davantage du manque d’éthique de certaines personnes que de l’archaïsme d’un parti et des valeurs qu’il défend. Sur la question plus politique de « l’attaque envers les entreprises », le propos est tendancieux voire mensonger. On peut, en effet, se demander en quoi consiste « l’attaque envers les entreprises » du PS qui, durant ces dernières années, au fédéral a avalé la couleuvre des intérêts notionnels et de la réduction sensible de l’ISOC et au régional a mis en place toute une série de mécanismes d’aide à l’emploi pour les entreprises désireuses d’engager du personnel.
Mais le discours de Didier Reynders est, il ne s’en cache d’ailleurs pas, éminemment idéologique. Quel est cette évolution des partis socialistes de Grande-Bretagne, d’Espagne et d’Allemagne dont il parle ? Le New Labour anglais apparaît comme un parti exemplaire pour beaucoup de libéraux. Certes, l’étoile de Tony Blair a pâli mais son approche des politiques économiques ne pouvait que séduire la droite qui aime lui entendre dire que « la gestion de l’économie n’est ni de gauche ni de droite, elle est bonne ou mauvaise. Ce qui compte, c’est ce qui marche ». La logique sous-jacente étant, bien entendu, que seules les politiques économiques néo-libérales « marchent ». Cet abandon apparent du terrain de l’idéologie pour ce qui se veut une logique objective de recherche du meilleur résultat est également perceptible au sein du SPD allemand et du PSOE espagnol. Toutefois cette « modernisation » n’est pas si récente puisque les premiers ont pris leurs distances avec le marxisme lors du congrès de Bad Godesberg en 1959 et les seconds en 1979.
Didier Reynders appelle donc de ses vœux une « modernisation » ou une « blairisation » du PS belge qui, pourtant, dans les faits, a toujours été plus pragmatique et plus consensuel que ses partis-frères. L’allemande Rosa Luxembourg reprochait déjà en 1902 à son camarade Emile Vandervelde, président du Parti Ouvrier Belge, son alliance avec… le parti libéral!
En fustigeant le prétendu archaïsme des socialistes, Didier Reynders poursuit un objectif clair. Il veut faire rentrer les socialistes dans un cadre de référence idéologique dans lequel il est à l’aise pour mener et orienter le débat. Car si demain le PS, sous la pression de Didier Reynders ou d’autres leaders d’opinion d’obédience néolibérale, renie la Charte de Quaregnon, renonce explicitement à la défense des classes populaires et chante ouvertement les louanges du capitalisme, il ne sera plus qu’une pâle copie du MR à laquelle les électeurs préféreront inéluctablement l’original.
Le PS ne peut se laisser enfermer dans le réduit idéologique vers lequel le président du MR souhaite le pousser. Au contraire, face à un idéologue redoutable comme Didier Reynders, il est essentiel de marquer ses différences en mettant en exergue un projet de société à confronter à celui du MR. En tant que socialistes, nous devons répondre clairement à Didier Reynders ainsi qu’aux autres thuriféraires du néolibéralisme que les archaïques sont ceux qui refusent de réguler le marché, qui protègent le capital à risque et qui défendent les seuls vrais « assistés » à savoir les oisifs qui vivent de leurs rentes ou de leurs placements plutôt que de leur travail !
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dimanche 24 août 2008
Le champion de l’éthique contrôlé une nouvelle fois positif: Bernard Clerfayt pris encore en flagrant délit de politicardise !
Lors de la campagne électorale pour les élections communales 2006, Bernard Clerfayt avait fait beaucoup d’efforts pour se présenter comme une espèce de candidat anti-establishment. Si cela pouvais paraître curieux pour un bourgmestre sortant, il faut reconnaitre qu’il avait su capitaliser le rejet de l’opinion publique contre ce qui est assimilé à de la politique « politicienne ». Lui, Bernard Clerfayt, prince de la probité, parangon de vertu et champion de l’éthique affrontait Laurette Onkelinx-la-politicarde. Cette dernière était présentée, cela va de soi, comme assoiffée de pouvoir, débordante d’ambition et suintante d’arrivisme ce que ses nombreuses années passées comme Ministre tendaient, bien entendu, à prouver de manière irréfutable. D’ailleurs n’avait-elle pas montré son dédain absolu pour les schaerbeekois en admettant qu’en cas d’élection comme bourgmestre, il était probable qu’elle soit bourgmestre empêchée le temps de terminer son mandat de Vice-Première Ministre ? Et en plus, ignominie absolue, elle n’était même pas 100% schaerbeekoise. La trame bipolarisée et manichéenne de la campagne électorale étant écrite, l’issue fut conforme au scénario rédigé par l’équipe de campagne du Bourgmestre tout comme aux standards du genre dans la mesure où le bien triompha finalement du mal le soir du 8 octobre 2006. Un grand moment de cinéma !
Toutefois, différents événements récents tendent à prouver que Bernard Clerfayt n’est peut être pas l’archange désintéressé de la bonne gouvernance qu’il s’est donné tant de mal à incarner.
Tout d’abord, il y a quelques mois Bernard Clerfayt est devenu bourgmestre…empêché. En effet, il a été appelé pour faire partie du même gouvernement que Laurette Onkelinx ! Certes, en soi, cela n’a rien de répréhensible même si on peut dans ce cas-ci comme dans d’autres se poser la question de la pertinence du cumul des mandats. Néanmoins, quand on a axé partiellement sa campagne sur la perspective sinon l’engagement d’être bourgmestre à plein temps contrairement à sa rivale qui, elle, avait évoqué la probabilité d’être empêchée durant une partie de la législature communale, il devient délicat de se présenter comme le gardien exclusif des intérêts des Schaerbeekois. Peut-on toutefois reprocher à Bernard Clerfayt d’avoir privilégié sa carrière personnelle à la préservation d’une image au demeurant fort surfaite ? D’autres à sa place auraient probablement fait le même choix.
Ensuite, les médias nous ont appris que Bernard Clerfayt n’a pas respecté ses obligations de mandataire public en ne rentrant pas à heure et à temps sa déclaration annuelle de mandats et de patrimoine conformément à la loi en vigueur. Pour s’en défendre, le Secrétaire d’Etat plaide une mémoire défaillante. On peut le croire dans la mesure ou il n’est que peu probable qu’il ait délibérément voulu occulter des mandats ou minimiser un patrimoine. Et, soyons de bon compte, il n’est pas le seul à avoir enfreint la loi.
Il n’empêche que pour bon nombre d’admirateurs de celui qu’ils tenaient pour le pourfendeur attitré de la politicardise, un début de doute doit commencer à s’immiscer. Les thuriféraires de Bernard Clerfayt, certains desquels s’étant fendus à l’époque de divers messages laudateurs1 dont la lecture à posteriori prête à sourire se disent peut être que l’étoile brillant au firmament politique schaerbeekois depuis le 8 octobre 2006 devient un peu pâle ces derniers temps.
L’image d’Épinal de Bernard Clerfayt comme chevalier blanc de la politique semble donc de plus en plus éloignée de la réalité. Peut être que cela aura pour conséquence heureuse l’ouverture, à l’occasion des communales de 2012 d’un réel débat autour de projets différents pour Schaerbeek, nécessité trop souvent laissée au second plan lors du dernier scrutin. Cela permettrait aux électeurs schaerbeekois de faire un choix sur base d’un programme sans risquer d’être dupes d’un bien fragile miroir aux alouettes dont l’inéluctable cassure peut entrainer non pas sept mais bien six ans de malheur.
Je ne puis résister à la tentation de reproduire ici le lien suivant: http://bernardclerfayt.
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mercredi 11 juin 2008
Après mai 68 c’est les années de plomb qu’on commémore !
Mon dernier post évoquait les commémorations du quarantième anniversaire de mai 68. Si le souvenir romantique des luttes qui ont atteint leur paroxysme durant ce mythique mois a été régulièrement entretenu auprès de l’opinion publique, force est de constater que d’autres luttes dans les années qui ont suivies ont moins bénéficié des faveurs commémoratives des médias. Ainsi, on ne parle plus beaucoup des « années de plomb » au cours desquelles en France, en Italie ou en RFA, la violence de l’Etat répondait à la violence de groupuscules comme Action Directe, les Brigades Rouges ou la Fraction Armée Rouge. Ces organisations prétendaient que par dans une logique action-répression-action, la confrontation avec l’Etat « bourgeois » gagnerait en intensité et que le prolétariat, après avoir pris conscience du caractère répressif de l’Etat, prendrait également les armes contre ses oppresseurs.
Ces organisations suscitèrent des émules en Belgique. C’est ainsi que sont nés les Cellules Communistes Combattantes. Ces dernières ont perpétrés divers attentats sur le territoire belge en 1984-1985. Si au final les CCC, ont eu beaucoup moins de sang sur les mains que leurs « camarades » allemands, français ou italiens, leurs activités terroristes n’en ont pas moins justifié la répression du gouvernement Martens-Gol surtout à l’égard des milieux de gauche.
Les années ont passées, les membres des CCC ont purgés leur peine et pourtant il semble que le souvenir de leurs actions puisse encore servir à effrayer le populo ou au moins à faire vendre des journaux. Comment expliquer sinon l’agitation médiatique autour des arrestations de 5 personnes soupçonnées de liens avec une organisation considérée comme terroriste en Italie qui ressemble de plus en plus à un revival de l’atmosphère de la Belgique de la moitié des années 80.
Sans avoir suffisamment d’éléments pour me prononcer sur le fond du dossier, qui de prime abord n’a tout de même pas l’air bien conséquent, je suis scandalisé par la manière dont on a jeté en pâture à l’opinion publique les noms des inculpés dans un pays ou la présomption d’innocence constitue une des règles élémentaires du droit pénal. Surtout dans le cas de la journaliste de la télévision publique qui même si l’affaire est classée sans suite devra vivre avec une étiquette dont le moins qu’on puisse c’est qu’elle ne servira pas à booster sa carrière sur cette chaîne ou dans d’autres organes de presse.
J’ai tout de même l’impression que ces arrestations sont à remettre dans le contexte de paranoïa post 11 septembre qui a justifié l’adoption par beaucoup d’états d’un arsenal répressif démesuré. A l’heure où le Ministre de la Défense est en train de jurer allégeance à l’Empire, il est sans doute bon de rappeler que la Belgique est un bon élève en matière de lutte contre le terrorisme. Tant pis si pour cela il faut briser des carrières ou broyer des vies !
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mercredi 4 juin 2008
La racaille c’est lui !
A l’heure où les médias dominants font l’éloge le plus souvent convenue des « événements » de mai 68 dont ils renvoient généralement une image plutôt aseptisée, il est assez plaisant de voir certaines initiatives en matière de commémoration des quarante ans de mai 68 sortir des sentiers battus. Ainsi, le dernier album de Dominique Grange « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » sort clairement du lot dans le fatras des souvenirs de mai 68 forts présents dans nos étalages en ce moment, effet de mode oblige. Avec toute la conviction et le talent qui la caractérise, Dominique Grange nous livre sa vision personnelle de l’héritage de mai 68 qu’elle entend contribuer à préserver avec ce disque. Car cet album, illustré de manière magistrale par Tardi (Le cri du peuple,…), se veut une réponse à ceux qui, à l’instar de l’actuel président de la République Française, veulent « tourner la page de mai 68 ». Outre les « événements » précités, l’artiste (très) engagée évoque aussi à travers les chansons de l’album « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » la Commune de Paris, la dictature de Pinochet et la lutte pour le droit d’asile. A ne surtout pas rater !
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mercredi 23 avril 2008
Misère de la Philosophie Française
Sans avoir la prétention d’être un critique littéraire, je souhaite écrire quelques mots sur ma dernière lecture. Il s’agit de l’ouvrage intitulé « ce grand cadavre à la renverse » de Bernard-Henri Levy.
Je dois bien avouer que j’étais assez perplexe devant le positionnement anti-Sarko de celui que Renaud, dont la plume se trempe encore parfois dans le vitriol, appelle le philosophe des beaux quartiers. Contrairement à ses éminents collègues Glucksmann et Finkielkraut qui s’étaient empressés d’aller manger dans les mains du futur président « bling-bling », BHL avait publiquement soutenu Ségolène Royal. On l’avait même aperçu à des meetings de la candidate du PS. Dès lors, j’étais curieux de lire le dernier opus de la cible favorite de notre entarteur national. Surtout en sachant que ce livre se voulait une analyse de l’état actuel de la gauche.
Force est de constater que BHL reste fidèle aux convictions qui sont les siennes depuis des années. L’auteur de « la barbarie à visage humain », ouvrage ou l’URSS était brocardée à l’instar d’une frange importante du socialisme français constitué de zélateurs du marxisme (dans l’ouvrage précité, l’ intellectuel de Saint-Germain-des-prés va jusqu’à qualifier le marxisme d’opium du peuple), reste trente ans plus tard, l’un des thuriféraires les plus en verve du libéralisme. Il fustige la petite gauche révolutionnaire en attente du grand soir qui viendra remettre en question l’ordre libéral établi. Sa démonstration est imparable. Il cite les trois seules révolutions qui trouvent grâce à ses yeux : les révolutions américaine, anglaise et française. Toutes trois d’inspiration libérale, elles ont été porteuses de progrès et de bien-être pour les populations. A titre de contre-exemple, il met en exergue la politique menée par les khmers rouges au Cambodge. Pour BHL, il s’agit de la révolution d’inspiration marxiste la plus aboutie, la plus vraie et la plus pure. Le libéralisme est donc notre horizon politique indépassable puisque les tentatives de concrétiser des utopies révolutionnaires radicales ont entraîné la mise en place de régimes sanguinaires et totalitaires comme celui de Pol Pot . Dans « ce grand cadavre à la renverse », il donne même un nom amusant à sa démonstration : Le théorème du Cambodge. CQFD.
Pour le reste cet ouvrage est une suite de digressions simplistes sur le thème d’une certaine gauche qui s’égare ou qui renie ses convictions fondamentales. A force d’être pro-palestinienne, elle devient islamiste. A se prononcer en faveur du non lors du référendum sur la constitution européenne, elle devient nationaliste. A trop dénoncer le droit d’ingérence des puissances occidentales, elle renonce au combat pour défendre les droits de l’homme partout dans le monde.
Au passage, il égratigne différentes personnalités coupables de ne pas partager son américanophilie. Hugo Chavez dont la rhétorique antilibérale rappelle, d’après le très progressiste épiscopat latino-américain dont le philosophe reprend les paroles à son compte, celle des régimes fascistes et nazis . Michael Moore qui dénonce la politique de l’administration Bush devient un chantre de l’isolationnisme. Pierre Bourdieu dont les théories « enferment » les gens dans des « systèmes » est qualifié de mauvais philosophe. Les mauvaises langues diront que BHL s’y connaît en la matière…
L’intérêt principal de ce livre écrit par quelqu’un qui continue à dire que la gauche est sa famille est donc de pouvoir constater à quel point la gauche est une grande famille …..avec des cousins très éloignés.
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dimanche 9 mars 2008
Crise en Amérique latine : Uribe en paladin de l’Empire ?
Alors que les tensions entre
L’attitude du gouvernement colombien laisse perplexe à bien des égards. D’une part, l’incursion militaire en Equateur constitue un précédent fâcheux en matière d’exportation sur tout un continent de conflits étatiques internes. C’est la première fois au cours de l’histoire de l’affrontement entre l’état colombien et les FARC, qui dure pourtant depuis plusieurs dizaines d’années, qu’une opération militaire de moyenne envergure est lancée au-delà des frontières colombiennes.
D’autre part, pour la première fois depuis des années, des perspectives réelles d’une libération négociée des otages détenus par les FARC existe grâce à la mobilisation de l’opinion mondiale autour d’une personnalité comme Ingrid Betancourt et surtout à l’efficace travail de médiation d’Hugo Chavez. Cependant Alvaro Uribe a précipitamment mis fin à la mission de médiateur de président vénézuélien, autorisé le bombardement de zones où des libérations d’otages étaient prévues et, ce qui a provoqué la crise actuelle, éliminé le numéro deux des FARC lors d’une opération militaire menée en Equateur. Il est clair que le Président colombien ne privilégie pas une issue négociée pour ce qui est de la problématique des otages. Tout comme il ne semble pas disposé à faire un cadeau politique à son meilleur ennemi Hugo Chavez, quelque part sa parfaite antinomie en matière idéologique, en le laissant se présenter aux yeux du monde comme le libérateur d’Ingrid Betancourt.
Au-delà de l’inimité personnelle et politique qui lie Uribe à son homologue vénézuélien, il convient de remettre les choses dans un contexte plus global. Il n’échappe à personne que l’administration Bush n’a pas très bien vécu le fait que plusieurs pays d’Amérique Latine se soient dotés de dirigeants progressistes ces dernières années. Sachant que les américains ont investi des moyens conséquents en Colombie pour renforcer l’armée régulière et lui permettre de lutter plus efficacement contre les narcotrafiquants et le « terrorisme », ils ne sont sans doute pas loin de considérer
Il faudra donc être attentif, dans les prochains mois, à l’évolution de la situation dans la région et à la stratégie de déstabilisation et de provocation qu’Uribe pourrait mener à l’encontre du Venezuela notamment dans le but d’offrir à son allié inconditionnel G.W. Bush un bien beau cadeau pour son départ de la maison blanche .
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samedi 9 février 2008
Espagne: la transition inachevée...
Parti Populaire : le mensonge pour stratégie !
Pour bien comprendre le climat politique particulièrement délétère en Espagne, il est essentiel de s’attarder sur la stratégie destructrice mise en œuvre par le Parti Populaire depuis sa défaite électorale 2004. Pour rappel, le 11 mars de cette année-la, sont perpétrés à Madrid les attentats les plus meurtriers de l’histoire espagnole. Le Gouvernement espagnol présidé à l’époque par le très américanophile et très néo-conservateur José Maria Aznar est horrifié par la perspective de voir ces attentats attribués à la mouvance islamiste. En effet, comment ne pas lier ces attentats à la présence des troupes espagnoles en Irak ? Les espagnols, opposés en grande majorité à l’illégale intervention militaire en Irak, ont, à ce moment, encore à l’esprit les déclarations belliqueuses et matamoresques d’Aznar en présence des va-t-en-guerre Tony Blair et de GW Bush lors du « sommet des Açores » véritable lancement médiatique de l’invasion du territoire irakien. La participation espagnole à cette opération militaire a déclenché une très forte opposition de l’opinion, traduite par des mobilisations de masse aux quatre coins du pays. Dès lors, le risque est grand de voir une majorité des espagnols faire le lien entre les attentats de Madrid et la présence militaire espagnole en Irak et sanctionner le gouvernement du parti populaire coupable d’avoir, par son soutien inconditionnel à l’offensive anglo-américaine, exposé l’Espagne à des représailles de la nébuleuse islamiste. La stratégie du gouvernement d’Aznar va être de nier l’évidence et d’attribuer l’attentat à l’ETA. Le Parti Populaire (PP) ayant fait en partie campagne sur la nécessité d’être ferme par rapport aux séparatistes basques, la thèse mensongère sur la responsabilité de l’ETA dans les attentats de Madrid devait légitimer le projet politique du PP auprès de l’opinion publique. La manœuvre est grossière et ne trompe pas la majorité des espagnols. Dès les premières heures, l’ETA dément fermement tout implication, les enquêteurs admettent ne pas reconnaître le modus operandi de l’organisation basque et les médias du monde entier déplorent la nouvelle action meurtrière du réseau Al-Quaida. Le dimanche 14 mars 2004, les espagnols sanctionnent le gouvernement sortant. Le Parti Socialiste Ouvrier espagnol (PSOE), donné largement battu par tous les sondages d’opinions encore une semaine auparavant est le grand vainqueur des élections. Il était a espérer que suite à cette défaite, les cadres du PP allait reconnaître leur erreur et avoir le bon sens de revoir leur stratégie. Il n’en a rien été ! Aznar ayant pris sa retraite (retraite dorée il faut bien le dire puisqu’il est consultant politique de divers instituts liés aux milieux néo-cons américain), les trois anciens ministres (Acebes, Rajoy, Zaplana) les plus en vue des gouvernement du PP, vont décider de persister dans le mensonge. Aidé par des médias « proche » (Cadena Cope, el Mundo,..) il vont mettre en place une stratégie de confrontation avec le nouveau gouvernement du PSOE. Certains iront même jusqu’à accuser, dans des termes à peine voilés, le PSOE d’avoir comploté avec l’ETA pour organiser les attentats du 11 mars 2004 en faisant croire que ceux ci étaient une action terroriste islamique en guise de représailles contre la présence militaire espagnole en Irak afin de voler la victoire électorale promise au PP ! Ces accusations, pour aussi fantaisistes qu’elles puissent paraître en dehors des frontières de l’état espagnol, ont été considérés comme crédibles par un certain secteur de l’opinion publique percevant la défaite du PP comme une injustice à réparer voire comme un coup d’état à contrer ! Ainsi, tout au long de l’enquête sur les attentats, la presse d’opinion proche du Parti Populaire va dénoncer le fait que les policiers en charge de l’enquête aient fait preuve de partialité en privilégiant la piste du réseau islamique (pourtant considérée par tous les spécialistes internationaux comme la seule plausible) à celui de l’ETA. L’issue du procès des auteurs des attentats du 11 mars 2004 a encore été l’occasion d’une dernière passe d’armes sur cette question entre PP et PSOE . Aux socialistes, qui après la sentence du tribunal demandaient à Rajoy, le président du PP, de reconnaître que ce n’était pas l’ETA qui avait organisé les attentats du 11 mars 2004, Zaplana demandait minablement en échange de reconnaître que… ce n’était pas la présence espagnole en Irak qui était la cause des attentats (1).
Il est vrai que l’entourage du PP n’est plus à une manipulation près. Ainsi, dans le cadre du débat sur l’adoption d’une législation condamnant les crimes du franquisme qui a suscité une très forte polémique en Espagne, certains médias de droite (2) vont faire dans le révisionnisme historique et attribuer la responsabilité de l’éclatement de la guerre civile espagnole au PSOE et à ERC (Nationalistes catalans de gauche actuellement présents dans le gouvernement autonome de Catalogne). Oublié le soulèvement militaire impulsé par des factieux emmenés par le général Franco contre la République et son gouvernement démocratiquement élu, c’est la gauche qui a initié cette guerre qui a causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’espagnols… Le drame c’est qu’il suffit souvent de répéter un mensonge plusieurs fois pour que les gens commencent à y croire. La Droite espagnole l’a très bien compris.
Etat espagnol : Les nationalismes à l’œuvre
Sans aucunement avoir la prétention de vouloir établir une typologie précise des sentiments nationaux existants en Espagne, il est intéressant de mettre en exergue trois nationalismes particulièrement prégnants dans la réalité politique espagnole d’aujourd’hui.
Commençons par le nationalisme basque. Le premier parti de la communauté autonome du Pays Basque est le PNV. Outre son attachement au nationalisme basque, ce parti professe une idéologie conservatrice et catholique. Malgré une méfiance séculaire envers le gouvernement de Madrid quel qu’il soit, le PNV s’était allié aux républicains en 1936 contre l’insurrection menée par Franco. Ce dernier s’était vengé en demandant à ses alliés allemands de rayer de carte la ville de Guernica, haut lieu du nationalisme basque. Comment aborder la question du nationalisme basque sans ouvrir une parenthèse sur l’ETA ? L’organisation séparatiste a, depuis la fin des années soixante, choisi la voie des armes comme moyen de mener à bien son dessein politique. Il faut bien dire la législature qui se termine aurait bien pu être celle de la fin de la lutte armée. L’annonce par l’ETA , le 22 mars 2006, d’une trêve unilatérale et illimitée avait ouvert des perspectives de solution négociée au conflit. Un dialogue avait d’ailleurs été ouvert entre les représentants de l’organisation basque et le gouvernement espagnol. Il a vite tourné court, les attentats ayant même repris depuis lors. Le mouvement abertxale et le Gouvernement Zapatero ont ainsi manqué, pour diverses raisons, le compromis historique qui aurait permis de mettre à la violence terroriste. Sans rentrer dans une analyse étayée des raisons qui ont provoqué la faillite des négociations, gageons que le harcèlement constant du Parti Populaire contre un Gouvernement coupable d’avoir « oser » négocié avec des terroristes n’aura pas contribuer a établir un climat politique serein. Le PP aura été jusqu’à instrumentaliser les associations de victimes du terrorisme pour favoriser sa stratégie de déstabilisation permanente du gouvernement. Quel dommage que même sur des enjeux aussi essentiels, Rajoy et ses proches n’aient pas réussit à sortir de leur partisanerie coutumière.
Passons maintenant au nationalisme catalan. Si ce dernier n’a jamais été porteur d’actions violentes comme le nationalisme basque, la défiance envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à du centralisme est très forte. L’hostilité envers les symboles de l’autorité centrale comme la monarchie est bien réelle. Ouvertement revendiqué par certains partis comme ERC, l’indépendance de la Catalogne ne fait pas l’unanimité dans l’ensemble de la communauté autonome. Toutefois, une majorités de catalans est favorable à d’avantage d’autonomie pour cette Communauté et donc d’une révision de la constitution espagnole. Cela n’est guère aisé dans la mesure ou la constitution à été élaborée d’un large consensus en 1978.
Enfin, le nationalisme espagnol ou espagnolisme constitue le prolongement d’une idéologie conservatrice empreinte de militarisme et de colonialisme. Les nostalgiques de la « grandeur » de l’Espagne sont encore nombreux surtout dans les rangs du PP. Ce dernier n’a d’ailleurs de cesse de dénoncer le manque de patriotisme et de chauvinisme du gouvernement lorsqu’il se montre trop complaisant avec les revendications autonomistes de certaines formations politiques. Se rompe Espana ! L’Espagne se brise ! C’est sur cette peur fort prégnante dans certains milieux que le PP joue pour montrer que le PSOE est loin d’être le meilleur garant de l’unité de l’Espagne constamment mis en danger par les séparatistes divers et variés. L’intransigeance du PP rend impossible un débat serein sur le statut d’autonomie de diverses entités territoriales. Ce qui souvent a pour conséquence de radicaliser des partis comme ERC et le PNV. Et aussi de raviver les fantasmes putschistes de quelques militaires nostalgiques de l’Espagne de Franco.
Le bilan postif du PSOE : un plus pour les prochaines élections ?
La législature qui s’achève a, malgré le climat politique tendu, été positive sur le plan socio-économique. Création d’emplois, croissance soutenue, compétitivité accrue des entreprises espagnoles à l’étranger : Tous les indicateurs utilisés habituellement attestent de la « bonne santé » de l’économie espagnole !. Soit dit en passant, il est clair que ces critères ne sont pas neutres au niveau idéologique et que leur mise en exergue systématique dans les médias loin d’une volonté d’objectiver l’analyse économique répond davantage à la volonté politique de renforcer le cadre de référence néo-libéral. Cette petite digression étant faite, j’en reviens au bilan du gouvernement du PSOE et plus particulièrement à la politique sociale. Augmentation du salaire minimum, de la pension minimale, soutien accru à la parentalité : autant de réformes porteuses pour la collectivité. Des avancées remarquables ont été enregistrées également au niveau éthique avec notamment le mariage homosexuel, la promotion de l’égalité homme-femme avec notamment une historique parité au gouvernement ainsi qu’une régularisation massive des sans-papiers.
Toutefois, ce bilan plus qu’honorable ne sera peut être pas déterminant dans l’issue du vote du 9 mars prochain. En effet, la droite conteste les bons résultats économiques globaux à l’aune du ralentissement économique enregistré au cours du dernier trimestre 2007. Rejetant avec la mauvaise foi qui ne lui a pas souvent fait défaut la possibilité d’une cause externe comme l’impact de la conjoncture économique mondiale défavorable, le Parti Populaire fustige allègrement la mauvais gestion économique au gouvernement de Jose Luis Zapatero et lui fait porter l’entière responsabilité du ralentissement économique.
Pour le reste, le Parti Populaire tente de minimiser l’impact de la hausse des pensions et des salaires minimum acquis lors de la législature qui s’achève et propose en bon parti de droite une grande réforme fiscale qui pourra augmenter le salaire-poche des espagnols. Quant aux avancées éthiques dans le domaine de la régularisation et du mariage homosexuel, le Parti Populaire qui les a combattu avec acharnement durant toute la législature n’a de cesse de flatter son électorat le plus conservateur en réitérant son attachement aux valeurs traditionnelles de la Droite. Même la parité homme-femme n’a pas trouvé grâce aux yeux de Rajoy et des siens. Le tribunal constitutionnel a récemment rejeté un recours du PP contre l’obligation de parité homme-femme sur les listes électorales.
La polarisation extrême du paysage politique espagnol n’est pas sur le point de s’atténuer quand on sait que Rajoy a fait le choix d’écarter Alberto Ruiz Gallardon, maire centriste de Madrid, des listes électorales. Son propos trop modéré n’était sans doute pas du goût de son président de Parti…
Pour conclure, force est de constater que nonobstant le fait qu’elle soit souvent cité en exemple la « transition » espagnole qui a rendu possible le passage du régime franquiste vers une démocratie multipartite n’aura pas permis d’enterrer tous les vieux démons surtout à droite de l’échiquier politique. Il est pour le moins paradoxal qu’alors que pour ce qui est des partis socio-démocrates, la pression d’une certaine presse pour qu’ils se modernisent ou se rénovent (se « blairisent » ou se droitisent diront les mauvaises langues !) est forte, les prises de positions ultra-réactionnaires de certaines formations de droite semblent globalement susciter moins d’émoi dans les médias. Mais cela est sans doute une autre histoire…
1. El Pais, 2 novembre 2007, pages 12-13.
2. http://www.elmundo.es/elmundolibro/2004/10/05/historia/1096993336.html
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jeudi 9 août 2007
Après plusieurs semaines d’absence motivées par une campagne électorale prenante et une après campagne tout aussi prenante, je me décide enfin à reprendre la plume dans mon blog. N’étant plus en « congé » politique pour ce qui est de mes fonctions tant à la FEF qu’au CJEF, j’ai à nouveau un devoir de réserve en ce qui concerne mes prises de positions politiques. Président en exercice du Conseil de la Jeunesse jusqu’en décembre, je me dois d’être prudent dans mon propos pour garantir la neutralité de la fonction. Dès lors, je vais éviter de trop polémiquer sur l’actualité politique belge dans les mois à venir. Je vais plutôt aborder les questions internationales. Pour le reste, je vais clôturer la période « Carlos candidat » en étant super original et en remerciant les 1404 personnes qui ont voté pour moi.
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vendredi 18 mai 2007
Pour une politique fiscale de gauche !
La réorganisation de notre système fiscal constitue un des domaines prioritaires de l’action du Parti Socialiste. Contrairement à ce que voudrait faire croire le camp libéral, le Parti Socialiste n’est pas pris d’une rage taxatoire. Au contraire, le Parti socialiste défend la mise en place d’une fiscalité plus juste qui tienne compte des capacités contributives de chacun.
Or, à l’heure actuelle, notre système est tout à fait injuste sur ce point puisque ce sont les revenus du travail qui sont les plus taxés alors que les revenus du capital (qui sont majoritairement concentrés entre les mains d’une petite minorité de la population) échappent pour une large part à l’impôt. En outre, l’(in)action de Didier Reynders au Ministère des finances laisse le champ libre à la fraude fiscale et aux mécanismes d’évasion fiscale qui profitent principalement aux gros revenus.
C’est pourquoi, le programme du Parti Sociale propose d’agir sur ces deux fronts.
D’une part, il est urgent de renforcer la lutte contre la grande fraude fiscale. A l’heure actuelle, les petits contribuables (et, en particulier, les travailleurs) font l’objet de contrôles récurrents. Dans le même temps, la plupart des enquêtes relatives à la grande fraude fiscale n’ont pas pu aboutir ces dernières années. C’est pourquoi, le Parti Socialiste souhaite placer la lutte contre les grandes fraudes fiscales au cœur de ses priorités.
D’autres part, il faut promouvoir une meilleure taxation des revenus du capital et des grandes fortunes afin de pouvoir soulager la pression fiscale sur les revenus du travail. Il n’est pas normal les travailleurs soient lourdement taxés alors que les rentiers échappent largement à toute contribution fiscale. Deux propositions du PS sont particulièrement intéressantes sur ce point.
Premièrement, le Parti Socialiste prône une meilleure taxation des plus-values réalisées lors de la vente d’action. A l’heure actuelle, un riche spéculateur qui achète des actions pour les revendre un peu plus tard au double du prix peut facilement échapper à toute taxation alors que le simple contribuable qui touche les intérêts sur son compte en banque doit, lui, payer le précompte mobilier. C’est pourquoi, le Parti Socialiste propose d’étendre les mesures permettant de soumettre à l’impôt les plus-values réalisées dans le cadre de la spéculation boursière.
Deuxièmement, le Parti Socialiste propose d’introduire une cotisation de solidarité sur les plus grandes fortunes comme cela existe dans beaucoup d’autres pays (France, Norvège, Espagne, Suisse,…). Ce prélèvement, d’un faible taux, toucherait les patrimoines supérieurs à 1,25 millions d’euros.
Par ailleurs, ces dernières années, sous la pression des libéraux, de nombreuses réductions de cotisations sociales ont été octroyées aux employeurs. Celles-ci avaient pour but de stimuler l’embauche de nouveaux travailleurs mais, dans les faits, on se rend compte qu’elles ont plus souvent constitué un cadeau aux employeurs sans véritable effet positif sur l’emploi. Les montants en jeu sont considérables et il est inadmissible que ceux-ci soient purement et simplement gaspillés de cette manière. C’est pourquoi le Parti Socialiste propose, dans un premier temps, d’évaluer l’effet réel des réductions de cotisation sur l’emploi et, dans l’attente de cette objectivation, de geler le niveau actuel des réductions. Dans un deuxième temps, le PS propose, d’une part, de cibler ces réductions au seul domaine pour lesquels il est prouvé qu’elles sont efficaces (les bas salaires) et, d’autre part, de lier spécifiquement l’octroi de réductions de cotisations supplémentaires à des créations directes d’emploi.
Ces mesures permettraient de garantir, d’une part, un véritable effet positif des mesures de réduction de cotisation sur l’emploi et, d’autre part, de limiter le coût total des réductions afin de garantir la pérennité de notre sécurité sociale.
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